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Chronique" d’un monde qui espère encore 

 

L’actualité est terrible.

Chaque jour apporte son lot d’images que l’on voudrait ne jamais voir. La guerre est une horreur, où qu’elle soit. Des hommes qui s’entretuent au nom de Dieu, d’un drapeau, d’une frontière ou d’une idée… c’est toujours un drame. Toujours.

Derrière les mots “conflit”, “offensive”, “riposte”, il y a des visages.

Des mères qui serrent leurs enfants trop fort.

Des pères qui tentent d’être courageux quand tout s’écroule. Des maisons rasées en une seconde, des souvenirs réduits en poussière. Une chambre d’enfant qui, la veille encore, abritait des rires.Et ces enfants…

Ces enfants qui devraient apprendre à lire, à courir, à rêver. Au lieu de cela, ils apprennent le bruit des sirènes, le sifflement des bombes, la peur qui serre le ventre.

Certains meurent. D’autres grandissent trop vite, les yeux déjà marqués par l’inacceptable.

C’est tellement triste.

Qu’ils soient israéliens, iraniens, libanais, ukrainiens, russes… peu importe.

La douleur ne parle qu’une seule langue. Les larmes ont le même goût salé partout sur la Terre.

À part quelques fous ivres de pouvoir ou aveuglés par la haine, les peuples veulent la paix. Les peuples veulent simplement vivre. Aimer.

Travailler. Élever leurs enfants. Rire le soir autour d’une table. Regarder l’avenir sans trembler.Il est important de se rappeler cela : la majorité silencieuse aspire à la douceur, pas au fracas. À la construction, pas à la destruction.

Alors que pouvons-nous faire, nous, si petits face à l’immensité du chaos ?

Nous pouvons refuser la haine. Nous pouvons refuser les raccourcis, les amalgames, les mots qui blessent davantage. Nous pouvons choisir de garder notre humanité intacte.Nous pouvons prier, pour ceux qui croient.

Penser fort, pour ceux qui ne prient pas.

Envoyer de la lumière, chacun à sa manière.Nos pensées ne reconstruisent pas les maisons, mais elles empêchent nos cœurs de devenir des ruines. Elles nous rappellent que nous appartenons à une seule et même famille humaine.

Un jour, l’histoire retiendra peut-être les dates des batailles.Mais ce qui sauvera le monde, ce ne sont pas les armes. Ce sont les gestes simples : une main tendue, un regard qui comprend, un refus d’ajouter de la violence à la violence.

Que nos cœurs restent ouverts.

Que notre compassion soit plus forte que le vacarme.

Et que, malgré tout, nous continuions à croire que la paix n’est pas une naïveté… mais une promesse à tenir ensemble.

Quentin est mort.

Des jeunes dorment en prison.

Derrière les slogans, derrière les étiquettes politiques, derrière les camps qui s’affrontent à coups d’anathèmes, il y a un jeune homme qui ne rentrera plus chez lui. Une famille brisée.

Des parents condamnés à vivre avec l’irréparable.

Sur les photos, l’un des accusés.

Un visage jeune.

Celui d’un garçon happé par une mécanique idéologique qui dépasse les individus. D’abord militant, puis rouage d’un appareil politique, persuadé d’être du bon côté de l’Histoire.

De fait d’armes en fait d’armes, grisé par la reconnaissance, convaincu que l’adversaire est l’ennemi.

Que l’ennemi doit être combattu.

Que la violence peut devenir légitime.

Et puis un jour, la frontière est franchie.Ce drame n’est pas seulement celui de Quentin.

C’est aussi celui d’une génération à qui l’on a appris à haïr avant d’apprendre à débattre. À diaboliser avant d’écouter. À distribuer des étiquettes plutôt qu’à chercher la vérité. On a remplacé la confrontation des idées par l’excommunication morale.

Comment avons-nous laissé s’installer ce climat où des étudiants deviennent des soldats politiques ?

Comment des universités, censées former des esprits libres, deviennent-elles des terrains de radicalisation ?

Comment des appareils partisans ont-ils pu instrumentaliser à ce point l’énergie de jeunes militants, les pousser à l’affrontement permanent… jusqu’à l’irréversible ?Aujourd’hui, il y a un mort.

Et il y a des jeunes hommes qui passeront de longues années derrière les barreaux.

Des vies détruites des deux côtés.

Des familles brisées des deux côtés.

Quand la politique devient une guerre culturelle permanente, elle finit toujours par produire des drames réels. Ce n’est pas une fatalité, c’est une mécanique. Une mécanique que l’on alimente chaque jour par la déshumanisation de l’autre.

La tradition maçonnique enseigne autre chose et je prie pour qu'elle continue à le faire, loin des idéaux politiques mais plus près de notre idéal humaniste et vrai.

Comme dans les arts martiaux ou le bouddhisme, elle enseigne que la première victoire n’est pas celle que l’on remporte sur un adversaire, mais celle que l’on remporte sur soi-même.

Elle rappelle que la parole doit précéder la violence.

Que la recherche de la vérité exige l’écoute, le doute, l’humilité.

Qu’aucun homme ne détient à lui seul la lumière, et que c’est dans la confrontation fraternelle des points de vue que naît l’éclaircissement.

Dans un Temple, on apprend à tailler sa propre pierre brute, pas à frapper celle du voisin. On apprend que la liberté de conscience est sacrée, qu’elle ne se délègue pas à un chef, qu’elle ne se dissout pas dans un slogan.

Quentin ne doit pas devenir un symbole de plus dans un camp contre un autre.Il doit être un point d’arrêt.Un rappel brutal que lorsque la passion remplace la raison, lorsque l’idéologie remplace le discernement, lorsque l’obéissance remplace la conscience, le pire devient possible.

À la fin, quand la justice passe, il ne reste ni slogans, ni hashtags, ni meetings.

Il reste une tombe.

Et des vies gâchées.

Oui, les responsabilités sont collectives.Responsabilité des politiciens qui attisent les braises.

Responsabilité des médias qui simplifient à l’excès.Responsabilité des artistes qui caricaturent.

Responsabilité des universités qui laissent prospérer l’intolérance.

Responsabilité aussi de chacun d’entre nous lorsque nous acceptons la facilité de la haine.

Pour Quentin, pour tous les étudiants et militants de France, il est temps d’ouvrir les yeux.

On vous sollicite quand il faut remplir une salle.

On vous appelle quand il faut tracter.

On vous mobilise pour des campagnes, des démonstrations de force.Là, vous êtes utiles.Mais quand vous voulez simplement vous recueillir.Quand vous voulez vous rassembler en paix.

Quand vous voulez rendre hommage à un jeune de 23 ans.Là, soudainement, on vous l’interdit.

On vous dit non.

On vous dit quoi penser.

On vous dit où aller ou ne pas aller.Voilà le problème.Des chefs de parti utilisent l’énergie, la loyauté et la ferveur de jeunes militants quand cela sert leur agenda… puis leur retirent le droit d’agir librement dès que cela échappe à leur contrôle.Ce n’est pas de l’engagement.

C’est de l’instrumentalisation.

Chers frères et sœurs rappelez vous toujours que vous n’êtes pas des figurants de campagne.

Vous n’êtes pas des supports de communication.Vous n’êtes pas des exécutants qu’on active puis qu’on désactive selon l’intérêt politique du moment.Votre liberté de pensée ne leur appartient pas.

Votre liberté d’action ne leur appartient pas.Votre conscience ne leur appartient pas.

Se réunir en paix, ce n’est pas défier un parti.C’est affirmer que la conscience précède la consigne.

C’est rappeler que la fraternité doit l’emporter sur la haine.

C’est refuser que la jeunesse devienne chair à canon des guerres idéologiques.Ne laissez personne vous confisquer votre discernement.

Ne laissez personne décider quand vous devez parler, quand vous devez vous taire, quand vous devez pleurer.

Restez libres.

Restez lucides.

Restez fraternels.Parce qu’une jeunesse qui abandonne sa liberté à des appareils politiques finit toujours par payer le prix fort.

Et il ne doit plus jamais y avoir de Quentin.

Il ne doit plus jamais y avoir de Jacques-Elie.

La mort d’un jeune homme comme celle de Quentin Deranque est toujours un drame.

Elle devrait suspendre les querelles, imposer le silence, appeler au recueillem_ent. Lorsqu’un jeune, engagé, croyant, animé par des convictions qu’il assumait au grand jour, perd la vie dans un contexte de violence politique, c’est la nation tout entière qui devrait se sentir atteinte.

Car au-delà des opinions, il y a une vie fauchée, une famille brisée, une humanité blessée.

Et pourtant, ce qui choque davantage encore que la violence elle-même, c’est la légèreté ignoble de certains commentaires, les moqueries, les insinuations, les tentatives d’inversion des rôles.

Comme si la mort pouvait être relativisée selon la couleur politique de la victime.

Comme si l’on pouvait salir un défunt pour atténuer l’horreur de ce qui s’est produit.

Cette dérive révèle quelque chose de plus profond et de plus inquiétant : une haine qui ne cherche plus la vérité, mais l’affrontement ; une colère qui ne veut plus comprendre, mais humilier.La haine, qu’elle vienne d’un camp ou d’un autre, conduit toujours au même abîme.

Elle déshumanise l’adversaire, elle le transforme en symbole à abattre plutôt qu’en personne à respecter.

Elle nourrit le mensonge, amplifie les rumeurs, simplifie à l’extrême des réalités complexes pour justifier l’injustifiable.

Et lorsque des discours répétés, martelés, chargés de mépris et d’hostilité, banalisent la violence, ils finissent par créer un climat où l’irréparable devient possible.Il faut avoir le courage de le dire : aucune cause politique ne mérite qu’on tue ou qu’on salisse un mort.

Aucune idéologie ne justifie que l’on se réjouisse d’un drame ou que l’on détourne la compassion par calcul partisan. Si des responsabilités pénales existent, elles doivent être établies par la justice, sereinement, rigoureusement, sans pression ni récupération.

Ceux qui appellent à la violence, qui attisent sciemment la haine ou propagent des mensonges pour enflammer les esprits doivent répondre de leurs actes devant la loi. Non par esprit de vengeance, mais par exigence de justice.

Car la violence appelle la violence.

Chaque mot excessif prépare un geste de trop. Chaque mensonge répété fragilise un peu plus le lien commun. Et à force d’accepter l’inacceptable, on finit par considérer la brutalité comme une composante normale du débat public.

C’est ainsi que l’on perd, peu à peu, notre humanité collective.

Si la France est aujourd’hui traversée de tensions profondes, la réponse ne peut être l’escalade.

Elle doit être le retour à une éthique du désaccord : fermeté sans haine, conviction sans mépris, opposition sans déshumanisation.

Une nation apaisée ne naît pas de l’écrasement d’un camp par un autre, mais de la reconnaissance que toute vie humaine vaut plus que nos querelles.

L’indignation est légitime face à l’injustice et à la violence.

Mais elle doit nous élever, non nous abaisser. Elle doit exiger la vérité et la justice, non attiser la rancœur.

Car si nous laissons la haine dicter nos paroles et nos actes, alors la mort d’un jeune homme ne sera pas seulement un drame isolé : elle deviendra le symptôme d’un pays qui se défait lui-même.

Pourquoi en maçonnerie doit on dire en vos grades et qualités et non pas en vos degrés et qualités ou en vos degrés et fonctions        
                                                       
  1. “Grade” et “Qualité” : la formule consacrée
La formule “en vos grades et qualités” est traditionnelle parce qu’elle respecte la structure interne de la Maçonnerie :

Grade = niveau initiatique reconnu dans un Rite donné.
C’est un état intérieur, une étape du chemin, un degré de conscience symbolique.

Qualité = fonction, office, dignité ou statut que le Frère ou la Sœur occupe dans la Loge ou dans l’Obédience.
C’est un rôle, une responsabilité, un service.

👉 La formule associe donc l’être initiatique (grade) et l’être fonctionnel (qualité).

C’est exactement ce que la Maçonnerie reconnaît :
un chemin intérieur + une responsabilité extérieure.

🔱 2. Pourquoi pas “degré” ?
Parce que “degré” n’a pas la même portée dans le langage maçonnique.

✔ Degré = niveau dans une échelle hiérarchique
C’est un terme technique, descriptif, presque administratif.
Il désigne une marche dans un système.

✔ Grade = état initiatique reconnu
C’est un terme symbolique, rituel, traditionnel.
Il désigne une dignité initiatique.

Dans la plupart des Rites, on parle bien de grades :

Grade d’Apprenti
Grade de Compagnon
Grade de Maître

Même si, dans le langage courant, on dit parfois “degré”, la formule rituelle exige “grade”.
👉 Dire “degré” dans cette formule reviendrait à réduire l’initié à un simple niveau hiérarchique, ce qui est contraire à l’esprit du rituel.

🏛 3. Pourquoi pas “fonctions” ?
Parce que la fonction n’est pas une qualité.

Une fonction est un poste : Orateur, Secrétaire, Vénérable, etc.

Une qualité est une dignité ou un statut : Maître Maçon, Passé Vénérable, Délégué, etc.

La Maçonnerie reconnaît les qualités, pas seulement les fonctions.
Une qualité peut exister sans fonction (ex. : “Passé Maître”).
Une fonction peut exister sans qualité initiatique (ex. : “Expert adjoint”).

👉 La formule rituelle doit englober les deux dimensions, ce que “qualité” permet, mais pas “fonction”.

🔥 4. La raison profonde : la Maçonnerie parle à l’être, pas au poste
La formule “en vos grades et qualités” rappelle que :

tu n’es pas seulement ton rôle
tu n’es pas seulement ton niveau initiatique
tu es la combinaison vivante de ton chemin intérieur et de ton engagement extérieur
C’est une manière de reconnaître la totalité de l’initié.
C’est aussi une manière de rappeler que :

le grade ne s’achète pas
la qualité ne s’impose pas
les deux se méritent et se vivent


✨ 5. En résumé
Terme    Pourquoi on ne l’utilise pas dans la formule
Degré    Trop administratif, hiérarchique, non initiatique
Fonction    Trop limité, ne couvre pas les dignités et statuts
Grade    Reconnaît l’état initiatique
Qualité    Reconnaît la dignité, le rôle, la fonction, le statut
👉 La formule correcte est donc : “en vos grades et qualités”.  
Elle est traditionnelle, symboliquement juste, et juridiquement reconnue.


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L’habit en maçonnerie
S’habiller correctement en franc‑maçonnerie n’est pas une question d’apparence, mais un acte intérieur rendu visible. Lorsque le frère ou la sœur prépare sa tenue,
il prépare en réalité son esprit : il se détache du tumulte profane, il se rend disponible, il se met en état de justesse. Le soin apporté aux vêtements devient alors une manière de dire silencieusement : « Je viens travailler sur moi, avec vous, dans un espace qui mérite mon respect. »
Le temple n’est pas un lieu ordinaire. On y entre comme on franchit un seuil symbolique, et ce passage demande une attitude particulière. Une tenue soignée exprime la reconnaissance de la valeur du lieu, de la dignité des autres membres, et de la qualité du travail qui va s’accomplir.
Elle manifeste une forme de politesse initiatique, une délicatesse envers la communauté et envers soi-même.
Ce soin vestimentaire contribue aussi à l’égalité maçonnique. En se présentant tous avec une certaine tenue, les différences sociales s’estompent. Le vêtement devient un nivellement par le haut : chacun fait l’effort de se hisser à la hauteur du cadre, plutôt que de laisser transparaître les hiérarchies du monde extérieur.
Ce n’est pas l’élégance ostentatoire qui est recherchée, mais la sobriété, la dignité, la cohérence.
La rigueur extérieure soutient la rigueur intérieure. On ne peut pas prétendre polir sa pierre brute en arrivant soi-même en désordre. Le soin apporté à l’habit rappelle la discipline du geste, de la parole, de la pensée.
Il inscrit le travail maçonnique dans une continuité : celle d’un chemin où chaque détail compte, où l’on apprend à être présent à ce que l’on fait.
Enfin, la tenue participe à l’esthétique du rituel. La franc‑maçonnerie valorise l’harmonie, la proportion, la beauté discrète.
Le vêtement, comme les symboles et les gestes, contribue à créer une atmosphère propice à l’élévation. Il ne s’agit pas de paraître, mais de participer à une œuvre collective où chacun, par son attitude, renforce la qualité vibratoire du moment.
Ainsi, s’habiller correctement n’est ni une contrainte ni une formalité : c’est un langage silencieux, un acte de conscience, une manière d’honorer le travail initiatique et ceux qui le partagent.


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Aujourd’hui je vous livre cette réflexion,
elle fait suite à un coup de téléphone que j’ai reçu récemment et je remercie son auteur pour sa confiance en moi, cela nous a tous concerné, nous concerne ou nous concernera un jour car il arrive un moment, dans la vie maçonnique comme dans toute vie humaine, où l’on se sent trahi. 
Par un mot mal placé, par une absence, par un geste que l’on n’attendait pas. Ce n’est jamais anodin. Cela secoue, cela blesse, cela fait douter de ce que l’on croyait solide. Et quand la douleur vient d’un frère, elle porte une densité particulière, presque incompréhensible.
La première vague est souvent la colère. Une colère inutile, brûlante, qui voudrait refaire le passé, corriger l’autre, exiger une justice qui ne viendra pas. Cette colère-là ne construit rien. Elle consume. Elle ferme. Elle empêche de respirer. Alors, doucement, patiemment, il faut la laisser retomber, comme on laisse retomber la poussière après un choc.
Puis vient la déception. Elle est plus sourde, plus intime. Elle murmure que l’on s’est trompé, que l’on a donné trop, ou mal. Mais la déception n’est qu’un passage. Elle n’a pas vocation à devenir un domicile. Elle invite simplement à tourner la page, non pas pour oublier, mais pour ne plus se laisser définir par ce qui a blessé.
Un jour, il faut avancer. Relever la tête. Regarder l’avenir, même si le présent semble encore trouble. Le chemin n’est jamais rectiligne. Il bifurque, il surprend, il oblige à réinventer sa marche. Et parfois, c’est précisément dans ces détours que l’on découvre un nouveau chapitre à écrire — plus vrai, plus libre, plus aligné.
Sur ce chemin renouvelé, d’autres frères et sœurs apparaîtront. De nouveaux amis, de nouvelles présences, des visages qui éclairent plutôt qu’ils n’assombrissent. Les mauvais, ceux qui blessent ou déçoivent, n’ont pas à être portés comme un fardeau. Ils suivent simplement leur propre route. Ce n’est pas leur faute. Ce n’est pas la votre. C’est la vie, avec ses carrefours et ses distances nécessaires.
Prendre de la hauteur, c’est accepter cela sans rancœur. C’est comprendre que chacun avance avec ses forces, ses limites, ses aveuglements. C’est choisir la paix intérieure plutôt que la revanche. C’est préférer la lumière à l’ombre, même quand l’ombre a été proche.
Et au bout du compte, ce sentiment de trahison, aussi douloureux soit-il, devient un maître discret. Il apprend à discerner, à aimer sans naïveté, à donner sans se perdre, à rester debout même quand le sol tremble.
Alors à tous ceux qui étaient, qui sont ou seront dans cette situation je veux dire ceci à l’oreille et de cœur à cœur : Tu n’es pas seul. Tu n’es pas brisé. Tu es simplement en train de grandir encore. Et ce que tu traverses aujourd’hui deviendra demain une force tranquille, une sagesse silencieuse, une pierre de plus dans ton propre temple intérieur. Je vous embrasse tous


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REVENIR À LA FRANC -MAÇONNERIE 
ET SORTIR DU RECRUTEMENT POUR LE RECRUTEMENT 


Il est temps de dire tout haut ce que beaucoup murmurent entre deux colonnes. La franc‑maçonnerie du XXIᵉ siècle se délite,  non par la faute d’ennemis extérieurs, mais par l’usure interne provoquée par des dérives que nul ne veut plus nommer. Alors nommons-les.
On recrute désormais comme on remplit une salle de conférence : vite, large, sans discernement. L’initiation, jadis rare, exigeante, presque redoutée, devient un produit d’appel. On confond croissance et inflation, vitalité et boulimie. Et l’on s’étonne ensuite que les temples se remplissent de corps sans que les esprits ne s’élèvent.
Plus préoccupante encore est l’arrogance de ceux qui ne savent pas, mais croient savoir. 
Ces nouveaux docteurs de pacotille, ignorants des fondements symboliques, se permettent de ne plus respecter certains rituels et pour quelques dirigeants en mal de reconnaissance mais par contre, remplis de méconnaissance, d’en interdire d’autres car jugés trop spirituels ou d’en expurger certains symboles et certains passages parce qu’en réalité ils ne les comprennent pas, et ce faisant d’en profaner la cohérence. 
Au REAA, certains placent un livre blanc en lieu et place de L’Évangile de Jean qui n’est pourtant pas un étendard religieux : c’est un texte initiatique, un seuil de lumière, un miroir du Verbe. 
Le supprimer par ignorance, c’est couper l’arbre à la racine et s’étonner qu’il ne porte plus de fruits. C’est confondre neutralité et vide spirituel, effacer le Volume de la Loi Sacrée, c’est priver le rituel de sa colonne vertébrale symbolique. Ce n’est donc pas une modernité : c’est une démission intellectuelle maquillée en tolérance.
« Au RAPMM, soupçonner quasiment de sorcellerie ou d’activité sectaire, le simple fait de sacraliser un temple revient à confondre tradition et fantasme. Interdire un geste symbolique aussi fondamental trahit surtout une peur irrationnelle qui affaiblit notre propre héritage initiatique. » C’est désolant surtout si à tout cela s’ajoute une désinvolture croissante : on vient en tenue comme on irait faire ses courses. Le vêtement n’est plus signe, ni respect, ni verticalité : il devient négligence revendiquée. On confond simplicité et laisser‑aller, humilité et désinvolture. La forme n’est pas tout, mais elle dit quelque chose de l’esprit — et l’esprit, lui, se dissout.
Que dire de ceux qui discutent dans le temple et qui au coup de maillet demandent le silence et décrètent le début des travaux, refuser ou simplement négliger cette coupure entre l’entrée et l’ouverture des travaux, c’est laisser le profane contaminer le sacré et trahir l’essence même du Temple. »  Aujourd’hui même la politique s’invite dans certaines loges et cela de plus en plus souvent et pourtant elle n’a rien à faire là. RIEN 
Au lieu de travailler sur soi, on travaille contre les autres. Au lieu de polir la pierre brute, on polit des arguments partisans.  La loge devient parfois un parlement miniature, où chacun veut imposer sa vision du monde plutôt que d’explorer les profondeurs de son propre monde intérieur.
La jalousie, enfin, agit comme un poison. On jalouse celui qui avance, on guette celui qui s’élève, on tend des pièges à celui qui ose briller, on se méfie de celui qui a grandit dans la tradition, et pour quelques uns encore, on empêchera autant que faire se peut,  de laisser monter les plus compétents….. 
La fraternité devient alors façade, la bienveillance un slogan, et l’on oublie que l’initiation n’est pas une course mais une ascension intérieure, inaliénable, qu’un grade ne se gagne pas par copinage mais par le travail, il est acquis à vie car initiatique et non pas militaire.
Les démissionnaires parfois aigris de n’avoir pas obtenu ce qu’ils auraient voulus avoir, iront tels des petits êtres misérables, jusqu’à dénoncer, diffamer et salir ceux qui hier leur tendaient la main, et les recevaient à leurs tables et les parrainaient.  De ces tabliers sans maçons quelques uns seront parfois à la tête des obédiences, et vu leur peu d’élévation, ils utiliseront leur position pour nuire au lieu d’éclairer, ils prêteront évidemment l’oreille aux langues perfides, se rendant ainsi complices de cette déchéance et de cette infamie. 
Au GODF et dans la plupart des Obédiences « dites grandes » seul un quart des initiés deviendront Maîtres. Faut-il s’en étonner ? Quand les portes s’ouvrent trop grandes, les temples se remplissent de passants, non de pèlerins. 
Et lorsque des incultes de la maçonnerie accèdent à des postes élevés ou à des grades vertigineux, cela ne rehausse rien : cela affaiblit tout.
La tradition n’est pas un musée : c’est une source. Le rituel n’est pas un folklore : c’est une architecture de l’âme. Les symboles ne sont pas des accessoires : ce sont des outils de transformation. Les abandonner, les déformer ou les mépriser, c’est renoncer à ce qui fait de la franc‑maçonnerie autre chose qu’un club social ou un cercle de discussion.
La franc‑maçonnerie ne mourra pas d’être attaquée. Elle mourra d’être vidée de l’intérieur par ceux qui ne savent plus ce qu’ils font là. 
Préserver la tradition, les rituels, la verticalité, la tenue, la transmission : voilà l’urgence. Non pour revenir en arrière, mais pour retrouver la hauteur.

Chronique du temps qui passe

Mes bien-aimés Frères et Sœurs,
laissez-moi aujourd’hui vous parler du temps.
Non pas du temps que l’on consulte sur une montre, mais de celui qui nous traverse, nous façonne, nous éprouve et parfois nous élève.

On dit souvent que « le temps, c’est la vie ». Et pourtant, combien d’êtres humains passent leur existence à tenter de la gagner, comme si elle leur échappait sans cesse. Nous, hommes et femmes de foi maçonnique sincère, nous avons choisi une autre voie : celle de comprendre la vie plutôt que de la poursuivre. De la contempler plutôt que de la consommer. De l’habiter plutôt que de la fuir.

Car il existe deux temps :
le temps profane, qui use, qui presse, qui inquiète…
et le temps sacré, qui ouvre, qui apaise, qui révèle.

Saint Augustin écrivait : « Le temps n’est rien d’autre qu’une distension de l’âme. »  
Et c’est bien cela : le temps sacré n’est pas celui qui s’écoule, mais celui qui s’ouvre en nous.

Je ne m’attarderai pas sur ceux qui ne croient en rien. Leur vie est souvent plate, enfermée dans la seule matière, et la matière seule ne nourrit jamais un cœur. Je préfère m’adresser à celles et ceux qui, parmi nous, traversent l’épreuve : la maladie, le doute, l’adversité, la solitude. Car nul n’y échappe. « On naît, on souffre et on meurt », disait le Bouddha, mais il ajoutait aussitôt : « Entre ces trois moments, il est possible d’apprendre à se libérer. »

Même la science, aujourd’hui, commence à reconnaître que quelque chose en nous survit à la chair. Faute de mieux, appelons-le l’esprit. Cet esprit qui ne vieillit pas, qui ne se ride pas, qui ne se brise pas. Cet esprit qui, même dans la nuit, continue de chercher la lumière.

Sachez-le, mes Frères et Sœurs :
vos douleurs, vos questions, vos fatigues ne sont pas des anomalies. Elles sont le lot de tous les êtres vivants. Mais elles deviennent plus légères lorsqu’on les porte ensemble. « Le fardeau partagé devient plume », dit un proverbe africain. Et c’est vrai : une souffrance confiée à un Frère ou à une Sœur perd déjà la moitié de son poids.

De même, il est plus facile d’avancer sur le chemin initiatique lorsque des aînés éclairent la route. C’est une chance inestimable que de trouver une Loge ou un Collège où l’on peut apprendre, comprendre, se transformer, et parfois simplement respirer. Une Loge où l’on ne vous demande pas d’être fort, mais d’être vrai. Où l’on ne vous juge pas, mais où l’on vous accueille. Où l’on ne vous presse pas, mais où l’on vous accompagne.

Car le temps sacré, mes Frères et Sœurs, n’est pas celui qui passe.
C’est celui qui relie.
Celui qui guérit.
Celui qui ouvre le cœur.

Et lorsque nous marchons ensemble, ce temps-là devient éternité.

REVENIR A LA VRAIE MACONNERIE

Depuis ses origines, la franc‑maçonnerie s’est voulue un chemin de transformation intérieure, un espace où le symbole, le silence et le rituel façonnent l’être plus profondément que les discours.

Au fil des siècles, pourtant, l’institution s’est élargie, diversifiée, parfois dispersée.

L’augmentation du nombre de membres, la pression du monde profane, les débats idéologiques et la tentation de la modernisation permanente ont progressivement affaibli la rigueur initiatique.

Là où l’on cherchait autrefois à transmettre une expérience, on s’est parfois contenté d’expliquer un concept. Là où l’on cultivait la verticalité, on a parfois glissé vers l’horizontalité.

Là où l’on vivait un rite, on s’est parfois mis à le commenter.

Ce décalage n’est pas le fruit d’une faute individuelle, mais celui d’un mouvement général : plus une tradition se diffuse, plus elle risque de perdre son intensité.

Lorsque la forme prend le pas sur la force, lorsque la parole remplace le vécu, lorsque la réunion supplante le travail intérieur, la voie initiatique se fragilise.

Pourtant, rien n’est irrémédiable.

La tradition ne disparaît jamais : elle se retire simplement là où l’on cesse de l’honorer, et elle renaît là où l’on recommence à la vivre pleinement.

C’est précisément ce choix que fait notre loge.

Plutôt que de suivre le courant du délitement, elle préfère revenir aux enseignements fondamentaux, à la sobriété opérative, à la profondeur symbolique et à la qualité vibratoire de la transmission.

En renouant avec l’esprit originel, elle affirme sa volonté de préserver vivante la tradition authentique, non comme un héritage figé, mais comme une source toujours active, capable d’éclairer et de transformer celles et ceux qui s’y engagent avec sincérité.

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